Octobre, 2022

Vincent Munier

sam15oct10 h 00 min2023dim15jan18 h 00 minVincent MunierLes 3 PôlesMusée de la Photographie Charles Nègre, 1 Place Pierre Gautier 06364 Nice

Détail de l'événement

Amoureux des grands espaces sauvages et voyageur de l’extrême, Vincent Munier est un des plus grands photographes animaliers de sa génération. Depuis plus de 20 ans, il parcourt les paysages les plus sauvages pour en rapporter des images incroyables de la vie au cœur des déserts de glace et de roche les plus rudes. Inspiré par les estampes des peintres japonais et l’art minimaliste, son travail met en scène l’animal au cœur de son environnement.
Avec « Les 3 Pôles », Vincent Munier nous offre une saisissante immersion au cœur de ces régions du bout du monde aux conditions extrêmes avec près d’une cinquantaine de photographies prises au cours d’expéditions engagées, en solitaire et en autonomie.

Il nous transporte dans le blanc envoûtant de l’Arctique, de l’Antarctique en suivant la piste d’animaux mythiques comme le loup arctique, l’ours polaire, le bœuf musqué, le manchot empereur.

Au Svalbard, au Nunavut, en Terre Adélie, Vincent Munier a ce don pour y photographier l’animal dans toute sa splendeur et sa noblesse.

Son dernier voyage l’a emmené sur les hauts plateaux du Tibet que Vincent Munier surnomme « le troisième pôle ».

Ici, le photographe est parti sur les traces de la fameuse et très rare panthère des neiges. Mais l’explorateur a également croisé sur son chemin de nombreux autres animaux, parmi lesquels le renard du Tibet, ou encore le chat de Pallas, et des troupeaux de yacks sauvages et d’ânes kiangs…

Retraçant sa dernière expédition au Tibet avec Sylvain Tesson pour lui prêter sa plume d’écrivain voyageur, La Panthère des neiges (2021), coréalisé avec Marie Amiguet, a obtenu en 2022 le César du meilleur film documentaire. Ce film est projeté dans le musée pendant toute la durée de l’exposition.

Biographie

Vincent Munier est né à Épinal, dans les Vosges, en 1976. Son enfance se passe à construire des affûts, bivouaquer en forêt, descendre des rivières en canoë, escalader des parois… Son père, Michel, écologiste de la première heure, lui dévoile ses astuces de campeur et lui transmet le besoin viscéral d’ « entrer dans la forêt sur la pointe des pieds ». Vincent a 12 ans lorsque, dissimulé sous une toile de camouflage et tremblant d’émotion, il réalise son premier cliché de chevreuil.

Après le lycée, ses voyages l’emmènent d’abord dans les forêts primaires des pays de l’Est pour croiser ours, lynx, loups, puis en Scandinavie pour suivre le périple migratoire des grues cendrées. En 1999, il publie son premier livre, Le Ballet des grues.

Ouvrier horticole, maçon, photojournaliste, il cumule les petits boulots pour financer l’achat de matériel. Encouragé par quelques succès dans le concours Wildlife Photographer of the Year organisé par la BBC, il décide en 2002 de se consacrer exclusivement à la photographie de la vie sauvage. Grâce à une bourse, il passe trois mois sur l’île d’Hokkaïdo pour photographier les grues du Japon et les cygnes chanteurs sous la neige. En sortira le livre Tancho (2004), personnel et poétique.

Vincent se fait connaître par une écriture photographique unique, inspirée par les estampes japonaises et l’art minimaliste : la brume, la pluie, la neige et le blizzard habillent paysages et animaux, dont on distingue parfois à peine les silhouettes. Ses images naissent de quêtes de plus en plus lointaines et de longues patiences pour se faire oublier des légitimes habitants de la nature : loups d’Éthiopie, ours bruns du Kamtchatka, loups blancs et bœufs musqués de l’Arctique, panthères des neiges du plateau tibétain, manchots empereurs de l’Antarctique…

Les dieux se drapent, Tibet 2016 © Vincent Munier
En 2013, il passe un mois seul et sans assistance sur l’île glacée d’Ellesmere, dans l’Arctique canadien, par 80° de latitude nord. Une meute de neuf loups blancs vient à sa rencontre : ces « fantômes de la toundra » se retrouveront dans son livre Arctique (2015).

L’Arctique et l’Antarctique

« Je veux connaître la nature dans ses plus fortes expressions. Car devant sa grandeur, l’homme retrouve sa fragilité. Confronté à ces milieux, il doit faire preuve d’une profonde et sincère humilité. Celle-ci l’invite à observer, à ressentir, à s’émouvoir… aux oubliettes, l’envie de conquérir, de maîtriser ou de tirer profit. Ne rechercher rien d’autre que l’émerveillement. Je ne viens pas en fanfaron, pressé d’ajouter une performance extrême à un quelconque palmarès. Je ne viens pas en suicidaire, pas même en donneur de leçons – encore que, il y aurait beaucoup à dire sur cette banquise condamnée par notre société moderne, vorace et pathétiquement autodestructrice. Non, je viens en admirateur, en contemplatif. Je suis venu goûter au sentiment profond, serein, d’une infinie liberté. »

Vincent Munier

« Elle se tient là, couchée au pied de la falaise, présente et invisible, discrètement dominatrice.
Sa robe est mouchetée d’ivoire et de poussière.
Taches de nacre, ombres d’obsidienne, larmes d’or.
Le ciel et la terre, le jour et la nuit sont fondus dans son pelage.
On braque la lunette sur son corps mais l’œil met un moment à le discerner.
L’esprit tarde à accepter ce qu’il n’attendait pas.
Le regard peine à voir ce qu’il ne connaît pas.
Notre raison, soudain, comprend que la bête se tient là, postée de pleine face.
Le paysage, par une étrange illusion d’optique, semble se résorber tout entier dans son corps.
Ce n’est plus la panthère qui est camouflée dans le paysage,
mais le monde qui s’est incorporé à elle. »

Sylvain Tesson

Photo : Bœufs musqués, Norvège, 2009 © Vincent Munier

Dates

15 Octobre 2022 10 h 00 min - 15 Janvier 2023 18 h 00 min(GMT-11:00)

Musée de la Photographie Charles Nègre

1 Place Pierre Gautier 06364 NiceOuvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h.

Musée de la Photographie Charles Nègre

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