Février, 2023

Territoires de l’eau

mar14fev(fev 14)14 h 00 minsam22avr(avr 22)18 h 00 minTerritoires de l’eauExposition collectiveCentre Jean Giono, 3 Bd Elemir Bourges, 04100 Manosque

Détail de l'événement

L’eau envisagée des points de vue géographique, ethnologique, économique, politique, littéraire et poétique.

HANS SILVESTER
La couleur de l’eau

Membre de l’agence Rapho depuis 1965, Hans Silvester est né le 2 octobre 1938 à Lôrrach en Allemagne. Diplômé de l’école de Fribourg en 1955, il voyage à travers l’E urope et commence à publier avec un livre pour enfants sur la vie d’une famille d’écureuils : déjà se manifestent cet amour de la nature et des animaux et ce souci de l’écologie qui ne le quitteront plus. À la même époque, il fait un reportage sur la Camargue. Ses photos en noir et blanc sont accompagnées par des textes de Jean G iono. Ce travail marque pour lui le commencement du succès, en même temps que le début d’une longue histoire d’amour avec la Provence, où il s’installe en 1962. En 1964 il est envoyé en Amérique du Sud pour le compte d’une organisation caritative, puis il passe six mois aux E tats-Unis et en Amérique centrale. Suit une longue série de reportages dans le monde entier : Japon, Portugal, E gypte, Tunisie, Hongrie, Pérou, Etats-Unis, Italie, E spagne… sans oublier la Provence. Chaque voyage donne lieu à un livre ou à une publication, le plus souvent pour le magazine Géo, dont il inaugure le premier numéro avec une chronique d’un village du pays Basque en 1977. Ses publications attestent de la diversité de ses intérêts : la pétanque, les oiseaux, les épouvantails, les pigeons…Entre temps, il photographie les chevaux de Camargue durant cinq ans, travail qui aboutit à la publication d’un livre récompensé à la Foire du Livre de Leipzig. À partir des années 80, ses reportages sont marqués par son engagement écologiste. Hans Silvester est par excellence le photographe des grands problèmes d’environnement: surexploitation agricole, pluies acides, déforestation, pollution de la terre, de l’air et de l’eau…Il dénonce les ravages de la déforestation en Amazonie, publie dans Géo un long reportage sur la rivière Calavon (Vaucluse – France ) sous le titre « la rivière assassinée », s’intéresse à l’exploitation de la forêt en Amérique du Nord. Avec la publication de deux ouvrages de référence sur l’eau, sujet exposé à Visa pour l’image en 1990, il célèbre la beauté de la nature en même temps qu’il analyse les menaces qui pèsent sur les ressources naturelles de la planète. Autre sujet de prédilection, les animaux : chevaux en Egypte, en Amérique, en Camargue, pigeons en Europe, en Grèce, en Egypte, en Turquie, chats et chiens des îles grecques font l’objet de nombreuses publications et d’albums photographiques publiés chez La Martinière dans les années 90. Il fait ensuite plusieurs voyages au Rajasthan pour en ramener un magnifique témoignage sur la vie des femmes du désert indien, puis retrouve avec bonheur la Camargue en 2001 où il photographie toutes les saisons de la vie sauvage des chevaux. Deux ouvrages également publiés chez La Martinière et de nombreuses expositions suivent. Voyageur infatigable, toujours animé par sa passion des lumières et des couleurs de la terre, il photographie les cerfs-volants dans le monde entier. Plusieurs voyages en Ethiopie dans la vallée de l’Omo.

ALAIN GUALINA
Histoire d’un ruisseau

Lors des premières années de son parcours photographique, sa production était déjà axée sur le paysage et ce principalement autour du bassin méditerranéen, ainsi que sur les rapports que nous entretenons avec notre environnement. Il utilisait alors une chambre et tirait ses épreuves avec des procédés alternatifs comme le charbon ou la gomme bichromatée. Par la suite, ses pérégrinations l’ont mené en Inde, en Afrique et au Népal où son regard est devenu plus attentif à cette relation de l’homme et de la nature. Il a collaboré avec des galeries en France et en Italie mais aussi avec divers organismes institutionnels. Puis une série d’images au Polaroid vient marquer une très longue pause de près de 20 ans dans ses déambulations. Au début des années 2000, il est revenu à la Photographie et a entamé un projet photographique qui s’inscrivait dans la problématique de l’eau, avec un premier travail ponctué en mars 2007 par un ouvrage : ELOGE DE L’EAU*, où il s’agissait de rendre hommage à l’Eau, en partant du constat que l’homme occidental a perdu le contact originel avec la nature et mettait en avant les difficultés de l’accès à la ressource et sa fragilité. « L’histoire d’un ruisseau, même de celui qui naît et se perd dans la mousse, est l’histoire de l’infini… …Toutefois notre regard n’est point assez vaste pour embrasser dans son ensemble le circuit de la goutte, et nous nous bornons à la suivre dans ses détours et ses chutes depuis son apparition dans la source jusqu’à son mélange avec l’eau du grand fleuve ou de l’océan…» Elisée Reclus 1830 -1905 « Histoire d’un ruisseau » 1869. Aujourd’hui sa préoccupation est de produire une Photographie consciente, avec des images reliées entre elles, par une réflexion sur notre environnement et la notion de paysage, « dans un temps où les choses ont cessé de nous être proches et intelligibles». (Le parti pris des choses – Francis Ponge)

FRANÇOIS-XAVIER EMERY
Durance et Jean Giono

Né à Meknès au Maroc en 1955, vit et travaille dans les Alpes de Haute Provence. Jeune photographe, en 1978 il travaille avec Pierre Martel et son équipe, fondateur d’Alpes de Lumière, association de patrimoine et d’ethnologie rurale. Il oriente alors son travail sur le pays par le portrait, le geste et le paysage. Il devient photographe indépendant en 1982. Tout en répondant à des commandes, il explore, par ses photos, le rapport de l’homme, son empreinte et l’environnement. Du noir et blanc à la couleur, de la prise de vue studio au reportage, ses photographies sont régulièrement présentées dans des expositions, des livres et des magazines. Pour une exposition photo sur l’eau, à Manosque, avec Jean Giono en filigrane, la Durance vient à l’esprit. L’écrivain l’a célébrée, notamment avec sa nouvelle Hortense ou l’eau vive. Pour lui la Durance c’est la vitalité, Elle a façonné les reliefs et la vie, les intrigues des habitants qui vivaient près d’elle. D’un petit ruisseau au cœur de la montagne elle chemine libre à travers différents territoires pour venir gonfler les eaux du Rhône en apportant avec elle le miracle du limon qu’elle dépose comme une mère nourricière parfois meurtrière, notamment du temps de ses grosses crues. Un regard sur cette grande rivière, domptée maintenant, avec la problématique de l’eau de nos jours semble tout à fait à propos. Jean Giono en avait une approche contradictoire, mais visionnaire C’est par une évocation réaliste et poétique de la Durance, évoquant le paysage, les marques de ses transformations prodiguées par l’homme, le rapport que celui-ci entretien avec elle, que François-Xavier Emery propose dans une vision photographique. La rivière « était un fléau du Seigneur, un démon dévorateur, une mangeuse de bien. Elle avait ruiné des centaines de familles… A chaque crue, la Durance dévorait des hectares de bonnes terres, emportait les prés, les vignobles, les maisons même Il n’est plus question de la laisser faire à sa tête. Ce caractère qui s’est exprimé pendant des milliers d’années, on veut le briser. Celle dont on ne discutait pas le bon plaisir, on va la faire entrer en usine, la barrer, la canaliser, la turbiner, exiger d’elle non plus sa beauté mais son travail. On la fouaillera, on la déchirera, avec des engins effrayants, surgis du plus dur d’une époque sans pitié.

CELINE DOMAS
Territoires de l’eau

« Plus qu’aucun élément peut-être, l’eau est une réalité poétique complète. Une poétique de l’eau, malgré la variété de ses spectacles est assurée d’une unité (…), l’unité d’élément. » « C’est en se tenant assez longtemps à la surface irisée que nous comprendrons le prix de la profondeur ». Bachelard « l’eau et les rêves. Prendre en compte l’eau dans sa symbolique philosophique, c’est accéder à une dimension poétique révélée par la matière. S’offre alors à nous un monde onirique empli de nos désirs et de nos fantasmes, la métaphore comme réalité ou vérité de l’âme. Deux univers que tout oppose mais qui entrent en résonance. Le premier, à la surface, dans lequel l’eau est l’élément associé à la lumière, au féminin, à la pureté ou encore à l’innocence de la contemplation. La rêverie a toute sa place ici comme un supplément d’âme. L’autre, tout en profondeur, fait ressurgir le passé et les peurs. La mélancolie et la désolation occupent tout l’espace de cet infini où le féminin laisse alors place à une présence singulière sans arrière plan et presque sans lumière. Ni plus, ni moins, l’eau amène à une méditation intime où viennent faire écho les notions de vie et de mort.

LAURENT GAYTE
Territoires de l’eau

A commencé la photo dès l’âge de 14 ans après avoir été influencé par son grand-père, grand voyageur et photographe amateur, qui lui faisait découvrir les diapositives réalisées lors de ses multiples voyages à l’étranger. En 1989, il travaille dans la photo de mode à Marseille mais c’est finalement la photo de sports qui prendra le dessus suite à une rencontre avec Mao (un des plus grands noms de la photo sportive). En 1992, il travaille au théâtre Jean le Bleu à Manosque tout en continuant à pratiquer la photographie et à effectuer de nombreux rallyes raids. En 1994 il remporte le Raid Auto-Photo Paris-Cap Nord, la plus célèbre expédition photographique. En 1995, il devient photographe pour la Ville de Manosque. Formateur dans le domaine de la photographie il intervient pour divers organismes et écoles. Grand voyageur, il profite de ces moments pour commencer un travail plus personnel de la photographie. Il collabore avec de nombreux magazines à travers le monde : VSD, surf session, session surfeuse, stand up journal (USA), triathlon hebdo, cycle, Grand Sud Magazine, Go Outside (Brésil) Red bull,etc… Collabore au Catalogue du fabricant australien Starboard (leader mondial de planche de surf, paddle etc…) Catalogue d’exposition histoire d’eau histoire d’art éditions transbordeurs 2006, 2007, 2008. Catalogue d’artiste:-Coauteur Lucien jacques aquarelles édition « l’édition à façon » 2011-Carzou éditions transbordeurs 2007–Abdel Gerbaud, éditions transbordeurs 2007-Lucien jacques édition transbordeurs 2007-Régis Bouvier de Cachard éditions transbordeurs 2006 Coauteur du livre «Surfeuse à la conquête des vagues» de Vincent Biard éditions surf session blue press 2006 Coauteur de la «3éme édition du livre «Cinema for french conversation» éditions focus (usa)2006 Coauteur du livre «L’Olivier en Haute Provence» Edisud 2002.

HENRI KARTMANN
L’eau et les hommes

Photographe et plasticien, vit en haute Provence. Son travail cherche des signes dans les nouveaux paysages et les limites de l’espace « naturel ». Ses images environnementales cherchent à aller au-delà de la description, presque au niveau de la matière. Depuis sa première exposition en novembre 1969 à Marseille, il continue à creuser son sillon d’images, toujours entre la photo plasticienne, les préoccupations environnementales et une attention permanente au graphisme et à la composition.

Céline Domas, François-Xavier Emery, Laurent Gayte, Alain Gualina, Henri Kartmann, Hans Silvester.

Photo : Henri Kartmann

Dates

14 Février 2023 14 h 00 min - 22 Avril 2023 18 h 00 min(GMT-11:00)

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