Novembre, 2023

Quand la mer nous parle

ven03nov(nov 3)14 h 30 minsam02déc(déc 2)19 h 00 minQuand la mer nous parleExposition collectiveCyril Burget Laurence NicolaGalerie Ségolène Brossette, 15 rue Guénégaud, 75006 Paris

Détail de l'événement

Depuis plusieurs millions d’années la mer regorge d’un passé, d’une histoire qui a souvent pu être enfouie. Mais avec le mouvement perpétuel de l’océan, certains drames, certaines réalités refont surface et la mer nous parle. Cette exposition rassemble deux artistes, Cyril Burget et Laurence Nicola, qui chacun ont voulu retranscrire ce qui apparaît au seuil des rivages.

Ils ont tous les deux eu recours à la technique photographique du transfert et sur un élément à la fois naturel et source de lumière. L’un va utiliser les algues et l’autre le mica. Les algues ont la particularité d’absorber la lumière de leur milieu ou de leur environnement. Quant au mica, du latin micare qui signifie « briller », est le nom d’une famille de minéraux. Ainsi Cyril Burget et Laurence Nicola utilisent la photographie comme révélateur dans le premier sens du terme.

Cyril Burget présente sa toute dernière série « Mue, des êtres aux algues » dans laquelle il s’est intéressé aux disparitions forcées et plus particulièrement aux « vols de la mort » sous la dictature d’Augusto Pinochet. La question de la mémoire irrigue sa pratique artistique et c’est ainsi que Cyril Burget a décidé d’aller au Chili à la rencontre des familles. Ces dernières ont accepté de lui donner des photos de leur défunt. En procédant à leur transfert sur des algues recueillies sur le littoral chilien, l’image de ces visages ainsi révélée permet de rendre visible ceux qui ne le sont plus.
Pour Laurence Nicola, c’est le sujet du plastique qui remonte à la surface. Les océans étouffent sous la pollution plastique et les eaux atteignent un point de saturation qui menace
la biodiversité marine.

C’est ainsi que Laurence Nicola a récolté des débris de plastique qu’elle a disposé entre deux plaques de verre et mis sous caisson lumineux. La lumière révèle des textures et des images que l’on ne s’attendrait pas à voir : la notion de paysage prend forme.
Laurence Nicola a ensuite utilisé les photos de ces plastiques et a procédé à un transfert sur mica. Ces impressions sur mica deviennent des objets brouillant les pistes entre l’artefact et la pierre naturelle et permet de rendre manifeste l’idée d’une nouvelle forme de nature où règne le faux semblant.

Entre les disparitions forcées et la pollution plastique, via des transferts sur algue et sur mica, Cyril Burget et Laurence Nicola font remonter le problème à la surface et en image. Sur une note grave, ils arrivent à magnifier et à faire ressortir la beauté de ce qui se cache derrière. En effet, à travers les sourires, les regards qu’on devine des photographies récupérées, nous prenons plus conscience de la beauté de ce que nous perdons qu’à la terreur et la souffrance qu’ont pu vivre les disparus ou de la tristesse de leur famille. A travers les paysages colorés aux formes abstraites, nous prenons plus conscience de la beauté de ce que nous perdons qu’au monde qui se transforme en un vaste champ d’ordure. Nous prenons enfin plus conscience de la beauté des personnes disparues et de la beauté du monde qui nous entoure.

Ségolène Brossette

Une exposition présentée dans le cadre de PhotoSaintGermain

Photo : Cyril Burget
série Mue, Des êtres aux algues, Mario, 2020
phytotypie sur algue rouge
30 x 46 cm

Dates

3 Novembre 2023 14 h 30 min - 2 Décembre 2023 19 h 00 min(GMT-11:00)

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