Janvier, 2021

Pétrel l Roumagnac (duo) de l'Ekumen

sam09jan(jan 9)14 h 00 minsam20fev(fev 20)19 h 00 minPétrel l Roumagnac (duo) de l'EkumenPièce photoscénique n.3, acte 1Galerie Valeria Cetraro, 16, rue Caffarelli 75003 Paris

Détail de l'événement

Les pièces photoscèniques

Chacune des pièces photoscéniques du duo Pétrel I Roumagnac prend pour point de départ du matériau littéraire et théâtral.
Alors que de rêves (2016) s’inspirait des métamorphoses du Songe d’une Nuit d’été de Shakespeare, d’Astérion (2017), elle, convoquait le mythe du Minotaure depuis l’étude dramaturgique, suivie de la libre interprétation, de deux textes autour de la célèbre figure chimérique: un fragment de la tragédie classique Les Crétois d’Euripide (Fragment 472, le monologue de défense de Pasiphaë) et la nouvelle La Demeure d’Astérion de Jorge Luis Borges. de l’Ekumen, elle, prend appui sur le roman La Main Gauche de la Nuit de la romancière de science-fiction nord-américaine Ursula K. Le Guin (roman paru en 1969).
Toutes les pièces sont conçues et réalisées selon le même régime, se présentant comme des «réserves dramaturgiques», comptant un certain nombre de scènes modulables, composées d’objets photographiques de matériaux divers (impressions directes sur bois, métal, plexiglas…) et d’autres objets de type accessoires de scène.
Toutes les prises de vues imprimées sur la quasi-totalité des matériaux de construction de ces pièces sont issues d’un temps de travail au cours duquel le duo d’artistes s’isole dans un contexte géographique choisi. Dans ces lieux spécifiques, ils écrivent, montent, répètent et jouent la “pièce”, à partir de l’étude dramaturgique des textes de référence, ainsi qu’à partir d’une recherche sur le contexte-hôte.
L’objectif de ce travail étant de ne jamais jouer conventionnellement la “pièce” devant un public en tant que “spectacle”, mais de collecter les traces photographiques de ces diverses performances in situ, afin de la « reprendre », de la re-mettre en scène, en différé, dans un espace-temps ultérieur, en la déployant autrement, en absence des interprètes, du texte, de sa logique, disciplinaire, d’incarnation live, mais en persistance spectrale (traces, empreintes, résidus), des scènes, des jeux chorégraphiques.
Toutes les pièces photoscéniques fonctionnent selon le principe suivant : l’ensemble des objets photographiques sont assemblés sous la forme d’un stock, d’une réserve, d’une latence dans l’espace de l’exposition. Pendant toute la durée de l’exposition des pièces, des groupes d’objets, prédéfinis en tant que « scènes » sont extraits de cette « réserve » et sont remis en scène dans un espace proche de la « réserve » appelé « plateau ». Cette scène est changée régulièrement pendant la durée de l’exposition, aussi les deux ensembles « réserve » et « plateau » sont en perpétuellement mouvement.
de l’Ekumen fonctionne à partir de son prologue (décor) et pour les actes suivants, selon le même régime de double-spatialisation et de métamorphose.

de l’Ekumen

Le projet de l’Ekumen trouve son origine à Kyoto, dans le cadre d’une résidence hivernale d’Aurélie Pétrel et Vincent Roumagnac à la Villa Kujoyama dont iels sont lauréats 2020 en binôme. Pendant deux mois (au lieu de trois prévus, la résidence ayant été écourtée du fait de la situation pandémique), iels mènent au Japon une quadruple recherche en dialogue avec un travail dramaturgique autour de l’adaptation photoscénique du roman technoféministe/cyberqueer de science-fiction d’Ursula K. Le Guin, La Main gauche de la nuit (The Left Hand of Darkness,1969). Leur recherche convoque en premier lieu les paysages cryosphériques futuristes dans la science-fiction japonaise et le cyberpunk nippon – depuis l’émergence du sous-genre dans les années soixante-dix/quatre-vingt – en regard avec son expression occidentale – jusqu’à sa manifestation contemporaine (recherche menée avec les chercheurs-euses affilié-e-s au collections du Musée International du Manga de Kyoto). Dans un second mouvement d’exploration, iels s’intéressent au phénomène de la transparence au Japon, avec un focus sur les glissements entre opaque et optique, entre 2D et 3D, dans l’histoire architectonique, plastique et scénique du Japon, focus doublé d’une approche sur le terrain de l’artisanat verrier/miroitier de la région du Kansai. Les poudres blanches sont le troisième axe de leur recherche, et cela depuis l’étude, d’une part d’« oshiroi », la poudre blanche utilisée traditionnellement comme base de maquillage, et d’autre part de « gofun », pigment optique obtenu à partir de broyage de coquilles d’huîtres séchées. Dans la seconde partie de leur résidence, et en appui sur cette multiple recherche, iels mettent en scène la pièce depuis la transcription théâtrale du roman, en intérieur scénographié, en réponse à l’architecture SF du site, et dans les montagnes de Nagano. Ce travail de mise en scène en compagnie de Simo Kellokumpu (chorégraphie/performance) et de Nagi Gianni (masques/performance) a été documenté sous la forme de prises de vue; prises de vue qui sont transformées en objets photographiques afin de constituer le corpus narratif de la pièce photoscénique du duo, de l’Ekumen, troisième du genre et ultime de la trilogie.

Dates

9 Janvier 2021 14 h 00 min - 20 Février 2021 19 h 00 min(GMT+00:00)

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