Septembre, 2023

Matthieu Gafsou

ven22sep(sep 22)13 h 30 min2024dim11fev(fev 11)18 h 30 minMatthieu GafsouH+, transhumanisme(s) Le Lavoir Numérique, 10 Rue Victor Marquigny, 94250 Gentilly

Détail de l'événement

La séquence

Pour la première fois, le Lavoir Numérique et la Maison Doisneau (gérés par la même équipe) présentent en parallèle deux expositions photographiques autour d’une thématique commune : le corps humain. Si la Maison Doisneau avec son projet collectif Et nos morts ? La photographie post mortem aujourd’hui en Europe se penche sur la finitude du corps humain à l’heure de son trépas, l’exposition H+, transhumanisme(s) de Matthieu Gafsou du Lavoir Numérique explore, quant à elle, les différents moyens mis en oeuvre afin de dépasser les limites du corps et, pourquoi pas, repousser le terme de son existence.
Le transhumanisme doit être considéré ici comme un vaste courant visant à améliorer ou encore transformer le corps (et, au passage, l’esprit). Le transhumanisme a bien évidemment ses adeptes, modérés et ultras. Certain.e.s ne s’identifient pas aux idées utopiques ou dystopiques (c’est selon)
du transhumanisme. Mais ces personnes peuvent être néanmoins rattachées à ce courant simplement parce qu’elles/ils (le plus souvent des médecins, des chercheuses…) guérissent les corps, développe des thérapeutiques et des techniques qui contribuent au prolongement des vivants. D’autres,
au contraire, rêvent à de nouveaux schémas pour les humains à venir et militent pour toutes les formes d’interventions génétiques ou technologiques qui permettront de les rendre meilleurs, plus forts ou plus beaux. D’autres enfin, voient dans la data un moyen de transcender le corps et l’être, un moyen
de créer des avatars ou doubles numériques nous incarnant suffisamment pour prolonger notre présence, au-delà-même de notre propre mort, dans les sphères web et métavers.
La question du transhumanisme est souvent liée à l’image du corps, à une vision insatisfaite de ses potentiels et de ses contours. Cette question devait nécessairement faire l’objet d’une séquence spécifique au Lavoir Numérique avec une exposition, la programmation cinéma et les débats
qui l’accompagnent.
Michaël Houlette
Direction du Lavoir Numérique et de la Maison Doisneau

séquence #6 : transhumanisme

H+ traite du transhumanisme, un mouvement qui prône l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Certains considèrent ce mouvement comme un phénomène «neutre», logique au vu des avancées scientifiques. On peut aussi considérer qu’il s’agit d’une nouvelle forme de spiritualité, dégagée du poids des religions et qui érige l’humain en animal tout puissant. D’autres enfin y voient une forme d’adoration de la technique et
de l’individu, signes d’une mégalomanie fautive.
Entre les adeptes de l’homme-machine (le cyborg), les tenants d’un abandon du corps et du transfert de l’esprit dans un ordinateur ou encore les partisans d’une médecine qui vaincrait le vieillissement,
le transhumanisme véhicule des projections diverses, dont les signes existent déjà. Des prothèses à la nourriture-médicament (nootropiques) en passant par les implants ou l’interaction humain-machine, on découvre que notre société a déjà fait le pas de considérer le corps comme une machine modifiable à loisir.

H+ est une enquête philosophique, qui documente et questionne. Les photographies sont peu contextualisées et elliptiques. La sécheresse formelle, mariée à la simplicité des compositions, permet de saisir la vision d’un humain détaché de sa chair. Prises isolément, les images déroutent plus qu’elles n’explicitent. C’est mises en réseau qu’elles tissent la toile d’une histoire. Artificielles,
les photos ressemblent à leur sujet: on ne sait plus si c’est le vivant qui s’éteint en devenant machine ou si l’inanimé prend vie. Cette série parle donc de notre corps, de notre quotidien et de notre rapport
à la technique autant qu’elle ouvre sur des perspectives d’avenir. H+ ne donne aucune réponse mais peut fonctionner à la fois comme un outil pour penser une question essentielle de notre présent et comme un espace poétique qui nous confronte à l’absurde de notre finitude.

Matthieu Gafsou (CH, F, 1981) vit et travaille à Lausanne, en Suisse. Après avoir obtenu un master en philosophie, littérature et cinéma à l’Université de Lausanne, il a étudié la photographie à l’École d’arts appliqués de Vevey. Depuis 2006, Gafsou a participé à de nombreuses expositions collectives et individuelles, et a publié six livres. En 2009, Gafsou a reçu le “Prix de la fondation HSBC pour la photographie » et a ensuite été invité à contribuer à l’exposition reGeneration2 crée par le musée de l’Elysée. En 2014, le même musée a produit l’exposition personnelle Only God Can Judge Me. En 2018, l’exposition H+ est l’un des temps forts des Rencontres de la Photographie d’Arles et fait ensuite le tour du monde (Chine, Australie, Italie, Irlande, Espagne, Suisse, etc.).
En 2022, le projet Vivants est présenté in extenso au musée de Pully ainsi qu’à Paris Photo où Gafsou gagne le prix de la maison Ruinart. Gafsou enseigne depuis plusieurs années à l’École cantonale d’art de Lausanne (ECAL). Il est aussi membre fondateur de l’agence MAPS.
www.gafsou.ch

Photo : Sans titre, 2016. © Matthieu Gafsou / Courtoisie Galerie C

Dates

22 Septembre 2023 13 h 30 min - 11 Février 2024 18 h 30 min(GMT-11:00)

Get Directions