Mai, 2024

Jean-Claude Gautrand

jeu30mai(mai 30)14 h 00 minsam13jul(jul 13)19 h 00 minJean-Claude GautrandLe temps irrémédiableLes Douches la Galerie, 5, rue Legouvé 75010 Paris

Détail de l'événement

En avant-première de la rétrospective, Libres expressions, que lui consacre le Musée Réattu cet été à Arles (29 juin-6 octobre), Les Douches la galerie est heureuse de présenter, pour la première fois, un solo-show du photographe français Jean-Claude Gautrand (1932-2019) et vous invite à découvrir ses premières expérimentations des années 60, avec une sélection de vintages de ses séries emblématiques.
Le livre Recompositions de Jean-Claude Gautrand paru en avril dernier aux éditions Contrejour, accompagne ces deux expositions.

« Photographier, c’est engager une course poursuite contre l’effacement, la disparition, le néant. C’est une lutte contre le temps, un défi à l’oubli. La caméra, instrument magique capable d’éterniser le fugace, mais aussi l’irrémédiable »1.

C’est certainement à cet « irrémédiable » qu’il faut prêter le plus d’attention dans l’oeuvre de Jean- Claude Gautrand, qui photographie la disparition des choses, des constructions ou des lieux pour les inscrire dans l’éternité. La photographie est le témoin d’un combat où les forces destructrices s’allient au temps pour faire disparaître ce que l’on pensait éternel. Les différents clubs photographiques d’après-guerre qu’il fréquente ne l’inspirent guère. «Mis à part le monde du reportage, le champ photographique se résume alors à une photographie d’illustration ou documentaire d’un conformisme affligeant »2. ll découvre dans le volume I et 2 (catalogues des expositions Subjektive Fotographie I et II, de 1952 et 1955) organisées par le photographe allemand le Dr Otto Steinert, une autre photographie qui lui fait l’effet d’une « bombe atomique dans la fange de la photographie ».

Jean-Claude Gautrand témoigne dans ces notes, en 1996, que les images de cet ouvrage « lui ont offert un espace de liberté créatrice inconnu alors : des images noir et blanc contrastées au maximum, l’abandon des nuances classiques, l’utilisation de ce qui paraissait jusque-là comme des défauts : le grain, le flou, la surimpression, la solarisation, la transparence. Un monde visuel et un langage nouveau s’offraient à nous : le parti pris d’un graphisme pur, le jeu des masses et des volumes expressifs, les gros plans sur les matières, l’abstraction, les expressions psychologiques, les images négatives, les inversions »3. Une double liberté s’impose à lui : une prise de distance face au sujet photographié et un nouvel univers plastique. En 1964, il crée le mouvement Libre Expression avec Jean Dieuzaide et Pierre Riehl, afin de défendre une autre voie pour la photographie.

Après différentes recherches, Jean-Claude Gautrand réalise sa première série emblématique Métalopolis, sur la construction du périphérique parisien. Sous son regard, les structures métalliques, les fers à béton se transforment en traits de crayon, rythmes énergiques ou dessins dans l’espace. Bien que ses photographies aient la puissance des peintures de Hans Hartung, son travail sera mal reçu par la critique. Jean-Claude Gautrand se souviendra en 2014, dans ses notes personnelles, que ses photographies faisaient « particulièrement l’objet de lazzis s’emportant contre la disparition des demi-teintes, contre ces grands aplats noirs qui striaient l’espace, contre l’absence de tout référent visuel habituel. Ainsi que contre la notion d’écriture sérielle, une manière de s’exprimer peu usitée à une époque préoccupée avant tout par la « belle » image solitaire. »4

1 Article de Jean-Claude Gautrand paru dans la revue Culture et Communication n°28, juin-juillet 1980
2 Notes personnelles 1996, in Recomposition édition Contrejour 2024 p. 8
3 On peut citer parmi ces photographes au côté d’Otto Steinert : Moholy Nagy, Man Ray, Herbert Bayer, Heinz Hajek-Halke, Peter Keetman, Carl Strüw, Hans Hammarskiöld, Toni Schneider, Bill Brandt, Daniel Masclet, Romain Uhrausen, Chargesheimer, Edouard Boubat, Robert Doisneau.
4 Notes personnelles 2014, in Recomposition édition Contrejour 2024 p. 10

Photo : Jean-Claude Gautrand
Forteresses du dérisoire, Ste Marguerite, 1976
Tirage gélatino-argentique d’époque, réalisé par l’artiste
© Estate Jean-Claude Gautrand Courtesy Les Douches la Galerie, Paris
Numéro d’inventaire : JCG2405010

Dates

30 Mai 2024 14 h 00 min - 13 Juillet 2024 19 h 00 min(GMT-11:00)

Les Douches la Galerie

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