Mars, 2025

Jacques Sierpinski

ven07marToute la journéesam26avrJacques SierpinskiBatailles de NapoléonEspace Roger-Broncy, 65, rue des anciens chantiers, 11210 Port-la-Nouvelle

Détail de l'événement

Champ-contrechamp – Récit photographique d’une mémoire européenne

J’ai toujours cru que la photographie forte était faite du mélange de sagesse et de nervosité qui se rencontrent : la danse ! pas seulement Frank et HCB, mais aussi Edouard Boubat et John Cohen. Mais en regardant le boulot fantastique qu’a fait mon collègue Jacques Sierpinski, deux autres mots apparaissent à mes yeux : PASSION et PATIENCE.

Sierpinski traite d’un immense sujet : les lieux des batailles de Napoléon. Il est passionné par cette recherche qu’il entreprend d’une manière phénoménale : il veut tout voir, aller partout. Donc il lui faut le délire de la passion de son sujet pour y arriver ! Mais il lui faut aussi une infinie patience ! Songez, des lieux aussi variés, des voyages pour y aller, des études pour arriver à retrouver les lieux exacts ! Oui, quelle patience ! et ainsi, petit à petit, il construit son travail qui devient une grande, une très grande oeuvre. Cette manière de procéder avec du temps, je l’ai expérimentée plusieurs fois, pour des sujets comme toutes les petites îles italiennes une à une, ou tous les états du vaste désert américain pour construire le jardin de poussière. Il me fait penser par exemple au Soudan de Claude Iverné, à la Chine de Eric Dessert, aux nomades du monde de Franco Zecchin, aux gitans de Hans Silvester : ces énormes travaux donnent tout leur sens à la photographie, à ce qu’elle peut nous apporter, pas seulement de géographique, mais aussi de poétique car l’un ne va pas sans l’autre.

Nous voila donc avec Jacques au Pont d’Arcole, paysage de route de terre avec des arbres; tout simplement ; ou à Rivoli avec un poteau électrique, ou à Aboukir, désert avec juste un panneau triste d’un couple sous un parasol, ou un palmier brisé dans un paysage dévasté par la pluie, ou encore à Marengo en Italie avec une barrière d’autoroute, ou tout de même une colonne avec une statue d’aigle au sommet, dérisoire dans la brume, ou à Trafalgar en Espagne avec un tout petit passage à niveau venant de nulle part et allant nulle part! à Austerlitz en république Tchèque par contre, il y a une sorte de fausse statue avec un canon et deux soldats qu’on dirait en carton-pâte ; et également à Austerlitz dans un désert plat de neige givrée, une petite route dont on se demande où elle va. A Iena en Allemagne, un paysage d’arbres, ou encore une petite route secondaire, comme si il ne s’était rien passé!

Et pourtant tant de morts, dans ces lieux apparement si calmes. Le comble des combles, à Wagram, Autriche, un Mac DO, carrément ! La Berezina sous la neige, là où il y eut 40 000 morts, un paysage vide et silencieux de neige et d’eau d’une rivière, avec juste des planches posées là comme si de rien n’était : qui pourrait imaginer ce qui s’est passé là ? Reste Waterloo tout en boue, comme ça avait dû être pour ces malheureux soldats envoyés à la mort par des dingues à qui ils obéissaient.

Que dire de plus ? tant de milliers de morts…

Cette grande œuvre de Jacques Sierpinski est la raison d’être de la photographie. Loin des modes qui de toutes façons vont se démoder, loin de l’air du temps, loin de vouloir plaire, loin des cotes . On touche là, il me semble, au coeur même de la vie, donc de la photographie.

bernard plossu, la Ciotat le 5 janvier 2025 .

Mardi, vendredi : 9h30-12h30 ; 15h-19h mercredi, samedi : 9h30-12h30 ; 14h-18h
Contact : 04 68 40 43 13 ; poleculturel@mairiepln.com Entrée libre

Dates

7 Mars 2025 - 26 Avril 2025 (Toute la journée)(GMT+00:00)

Lieu

Espace Roger-Broncy

65, rue des anciens chantiers, 11210 Port-la-Nouvelle

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