Octobre, 2023

FLORE

sam14oct(oct 14)9 h 00 min2024dim07jan(jan 7)18 h 00 minFLORELe temps du souvenir - rétrospective 1996-2023Villa Tamaris, Avenue de la Grande Maison, 83500 La Seyne-sur-Mer

Détail de l'événement

La Villa Tamaris, centre d’art de La Seyne-sur-Mer, présente la première rétrospective de l’artiste photographe franco-espagnole FLORE.
Plus de 200 tirages vont être ainsi réunis et présentés au public : oeuvres iconiques ou inédites, prêts de collectionneurs et pièces uniques ainsi qu’une nouvelle série réalisée dans la région spécialement pour cette exposition.
Une occasion exceptionnelle de découvrir l’univers poétique de cette artiste singulière qui, entre fiction et mythes familiaux, réalise dans sa chambre noire, telle une alchimiste, de sublimes tirages capables de restituer un monde intérieur qui échappe à l’anecdote et à la temporalité.

Une première retrospective
Toute la démarche de FLORE vise à rendre unique chacune de ses photographies.
Son projet s’inscrit dans la continuité de visées artistiques initiées à la fin du XIXème siècle.
À cette période, les pictorialistes ouvrent un débat sur la qualité artistique de la photographie.Convaincus du caractère expressionniste de l’art, ils affirment qu’à toute émotion répond un équivalent plastique en mesure de la traduire et de la transmettre. La photographie peut alors se soustraire au réel en le déformant lors de la prise de vue ou en le transformant au moment du tirage. Voire les deux. Il ne s’agit plus de documenter le monde extérieur mais d’inventer la forme capable de restituer le monde intérieur de l’artiste. Vision picturale, l’image devient tableau.
Très jeune, FLORE est marquée par l’art et par l’ailleurs. Sa mère est artiste, son père amateur de photographie. L’enfant grandit en partie en Égypte et deux de ses grands-parents cultivent le récit de leur vie en Indochine. Les souvenirs vécus et imaginés se mêlent.
La photographie de FLORE est en quête de cette mythologie personnelle. Elle arpente les lieux d’une mémoire élargie rassemblant ses impressions et les sentiments des autres.
Sa vie à Alexandrie a fait naître en elle une histoire d’amour avec l’Égypte et les pays du Maghreb, saluant au passage le goût des premiers photographes pour ces contrées d’ombre et de lumière. Le travail qu’elle y fait est très intemporel, imprégné des aquarelles de Delacroix et autres peintures orientalistes, du Roman de la momie de Théophile Gautier comme des écrits de Pierre Loti. Autant d’évocations qui la constituent au plus profond.
En Égypte, elle vient, une fois, puis une autre…, comme toujours quand une histoire lui saute au coeur. Elle retrouve des lieux qu’elle ne connaît qu’en rêve ou en littérature et les écoute patiemment. Une première série est suivie d’une deuxième. Ce sera le cas pour celles nées à Alexandrie, Rivesaltes ou Vinh Long. Elles seront forcément différentes car l’artiste ne revient jamais pour se répéter mais pour explorer autrement ses souvenirs, trouver d’autres lieux et angles plus diserts.

L’artiste, qui utilise indifféremment un polaroïd ou un appareil photo argentique, la couleur ou le noir et blanc, s’intéresse à l’ensemble du processus photographique. Elle choisit un boîtier plutôt qu’un autre, un type de film en particulier, attache une réelle importance au papier, car il sera la chair de son image, et à la technique son révélateur.
Pour FLORE, le tirage est un moment crucial de création. C’est avec lui que les émotions se cristallisent, que les souvenirs laissent émerger une atmosphère. Le grain, le flou, la profondeur d’un noir, le choix de la chromie… participent à souligner l’ambiguïté de la mémoire. La photographie se nourrit de réel mais s’abreuve à l’imaginaire.
FLORE entraîne le regardeur dans des utopies ou du moins pratique le réel avec une distance poétique. Le plus souvent dénuées de personnages, ses images échappent à l’anecdote et à la temporalité.

La Villa Tamaris est heureuse de réunir sur ses trois étages les séries les plus connues comme Lointains souvenirs et L’odeur de la nuit était celle du jasmin, autour de l’univers de l’écrivain Marguerite Duras et Maroc, un temps suspendu, hommage à sa mère peintre, mais aussi des travaux plus anciens comme les magnifiques vintages de sa première série Jardin Secret ou encore son travail engagé et puissant sur le Camp d’internement de Rivesaltes.

FLORE nous a aussi fait l’honneur de réaliser un travail inédit autour des villas historiques de Tamaris et de leur jardins en hommage à l’écrivain George Sand qui y a séjourné.
A cette occasion les éditions Maison CF publient le livre FLORE, conversations avec Christian Caujolle, un très bel ouvrage qui, entre entretiens, images inedites et archives familiales, permet de plongez dans l’univers de l’artiste.

FLORE (en lettre capitale) est une artiste photographe franco-espagnole qui vit et travaille actuellement entre ses deux ateliers à Paris et dans les Hauts-de-France.
Dès l’âge de 8 ans, elle est initiée à la photographie par son père avec lequel elle réalise ses premiers tirages. Par envie mais aussi parce que sa mère est une plasticienne très complète (peinture-gravure-sculpture), FLORE choisit la photographie.
Elle a 16 ans quand elle expose pour la première fois et qu’une de ses images fait la une d’un magazine. Après avoir travaillé plusieurs années pour la presse nationale, elle décide de se consacrer exclusivement à son travail personnel.
Repères biographiques
Lauréate 2018 du Prix de photographie de l’Académie des beaux-arts Marc Ladreit de Lacharrière, elle réalise des séries au long cours, souvent lors de voyages, qui sont acquises et exposées dans différentes institutions prestigieuses comme le Musée du Petit Palais, la BnF, L’Académie des beaux-art, le Domaine de Chaumont-sur-Loire, le Mémorial de Rivesaltes ainsi que dans de grandes collections privées. Elle définit son univers poétique et atemporel comme un acte politique, qui est sa façon de se positionner face au «faisceau de ténèbres qui provient de son temps», comme dit G. Agamben.
Sa première monographie Une femme française en Orient est éditée en 2014 aux éditions Postcart. La série rencontrera un grand succès à travers 7 expositions personnelles notamment dans le cadre du Mois de la Photo. En 2016, le livre Lointains souvenirs, publié aux éditions Contrejour, propose une variation autour de l’enfance indochinoise de Marguerite Duras et de L’Amant. Là encore, l’enthousiasme est au rendez-vous. En 2018, André Frère Éditions publie Camp de Rivesaltes, lieu de souffrance accompagné d’une exposition dans le mémorial du camp.
Les éditions Contrejour éditent en 2019 le livre Maroc, un temps suspendu accompagné d’une préface de Frédéric Mitterrand. La série sera ensuite montrée dans le cadre de la Biennale des photographes du monde arabe contemporain et au Festival du Regard.
En 2020, FLORE remporte le Prix Nadar pour son livre L’odeur de la nuit était celle du jasmin chez Maison CF. Prix de l’Académie des beaux-arts, cette série sera notamment exposée la même année au Palais de l’Institut de France puis au Domaine de Chaumont-sur-Loire.
En 2021, elle réalise son premier film d’artiste en 16mm Que d’Amour c’était projeté aux Franciscaines de Deauville dans le cadre du festival Planches Contact avec la fondation Foto4Food.
En 2022, elle expose dans le Parcours St Germain avec la collaboration du musée national Eugène Delacroix un travail autour du jardin du célèbre peintre.
Par des interventions techniques raffinées au laboratoire, en alchimiste même, FLORE façonne tout autant qu’elle restitue le monde qui se déploie sous ses yeux pour en faire des images uniques qui s’éloignent de la réalité photographique conventionnelle. Il ne s’agit plus de documenter le monde extérieur mais d’inventer la forme capable de restituer son monde intérieur. Elle passe avec aisance des techniques les plus anciennes comme le platine-palladium ou le cyanotype aux plus modernes, en les mixant parfois et en intervenant physiquement sur les tirages avec de la cire ou de l’or.
FLORE est représentée par plusieurs galeries dans le monde et, en France, par la Galerie Clémentine de la Féronnière – Paris.

Photo : L’odeur de la nuit était celle du jasmin, 2020 © FLORE

Dates

14 Octobre 2023 9 h 00 min - 7 Janvier 2024 18 h 00 min(GMT-11:00)

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