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La FIAC tutoie les sommets !

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L’avenue Winston Churchill rendue entièrement piétonne donne un petit air de village festif de l’art contemporain avec l’œuvre de l’artiste coréen Seung-Taek Lee « Sound of Wind » et ces bandes de vinyle multicolores, le projet monumental de Yona Friedman (Jérôme Poggi) ces « space chains »éphémères et à géométrie variable faites de houla houps colorés ou les bancs de Matt Mullican et Pablo Reinoso.

Au Petit Palais la sélection des 38 oeuvres plus cohérente que l’année dernière tisse un dialogue pertinent entre patrimoine et art contemporain (Sheila Hicks, Johan Creten..).

Le francais Perrotin positionné dès l’entrée attire tous les flashs avec un Murakami géant doré, sorte de lampe d’Aladdin et expose Laurent Grasso dans un cabinet de curiosité feutré, tandis que Gilbert & George font sensation chez Thaddaeus Ropac. Templon frappe fort également avec un Jan Fabre « l’homme qui mesure les nuages » et Kamel Mennour rebondit sur Lee Ufan et Ugo Rondinone.
Gagosian a réservé du lourd aussi avec Harmony Korine (Centre Pompidou, Agnès b), l’idée étant de faire le lien avec une actualité institutionnelle.

A noter dans le secteur général la présence du Comité Colbert qui soutient le programme « Rêver 2074″en présentant 3 jeunes artistes japonaises qui ont relevé le défi de l’utopie art & littérature.

C’est surtout dans les balcons et coursives du Grand Palais que l’on fait des découvertes à travers l’incontournable Secteur Lafayette, le Salon d’honneur et également le salon Jean Perrin. Au total 60 galeries dites émergentes sur les 192 cette année.
Retour aux fondamentaux : peinture, sculpture et Bric-à-brac assumé.
Tendance forte à l’assemblage ludique et hétéroclite d’objets ou de mots en réaction sans conteste à internet, ce goût de la matérialité est flagrant.

Oliver Loric (Metro Pictures) par exemple incarne cette approche quand il puise dans les musées des canons esthétiques qu’il fragmente et réinjecte dans des sculptures hybrides.

Stratégiquement la présentation est au duo plus que solo show parfois trop aride ou trop risqué.

Remarquons :

Orscar Munoz « Domestico » (Mor Charpentier)
On se souvient de sa majestueuse rétrospective au Jeu de Paume en 2014, sorte de clair-obscur initiatique.
On connaît ses photographies délavées par l’eau mais moins cette sculpture en marbre, cet autel familial votif à l’absence marquée par ces cadres vides. Ode à la mémoire qui s’intègre aux archives présentées également dans l’installation 4×3.

Henry Taylor (Blum & Poe)
Afro americain de 60 ans et sa superbe installation « Its like a jungle » a partir de matériaux de récupération et ses peintures aux messages engagés. Dernière Biennale de Whitney.

Karla Black (Raffaella Cortese gallery)
La video « Quand la solitude qui revient chaque jour fait surgir les singes » de Basim Magdy (Gypsum gallery) c’est donc la première venue de l’Egypte grâce au secteur Lafayette. Itinéraire d’un homme face à son destin.
La Tunisie marque aussi son entrée avec Selma Feriani qui propose Ismaïl Bahri et Massinissa Selmani, ayant chacun bénéficié d’expositions récentes. Le Kosovo également

Le duo Yona Friedman et Larissa Fassler (Jérôme Poggi galerie)
La canadienne avec ses grandes cartographies mentales au feutre rejoint les rihzones de Yona Friedman.

Benoît Maire (Thomas Bernard galerie) Anita Molinero et Vincent Gicquel
Beau dialogue entre des artistes de génération différente. Les grandes coulures de Vincent Gicquel avec ces personnages absurdes et nus de Vincent se livrant à des activités sexuelles assumées percutent avec les glaçures d’Anita Molinero, tandis que Kevin Rouillard s’inscrit dans une démarche de recyclage et réflexion postcoloniale à partir du bidon et son symbole pour les expatriés, qu’il mesure à l’histoire de la peinture.

Margret – Chronicle of an affair
Cette série de photographies amateur est l’une des attractions de la foire posant la question du vernaculaire dans les collections de nos musées. Sorte d’enquête fictive à partir d’un cas d’adultère.

La video « Quand la solitude qui revient chaque jour fait surgir les singes » galerie égyptienne Basim Magdy dont c’est la première venue grâce au secteur Lafayette. Itinéraire d’un homme face à son destin.

Eliza Douglas chez Overduin &Co.
Musicienne, muse et compagne d’Anne Imhof (lion d’Or Biennale de Venise) elle se met à étudier l’art que récemment. Ses peintures livrent des sortes d’autoportraits en creux où elle encapsule ses proches dans la poche avant de ses chemises.

Pauline Cunier Jardin chez Ellen de Bruijne

On entre dans la grande main et ses mythologies personnelles autour du pouvoir des femmes. Des symboles qu’elle détourne avec jubilation.

Pour conclure, avec un taux de renouvellement important (40 nouvelles galeries) la Fiac incarne une internationalisation accrue et l’émergence de nouvelles zones. Régionale et cosmopolite, élitiste et bankable, elle se hisse toujours plus haut.

On peut filer la métaphore avec le très bon film de Ruben Ostlund, the Square, d’un cynisme à toute épreuve, où certains se reconnaitront… ou pas !

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INFORMATIONS PRATIQUES
FIAC 2017
Du 19 au 22 octobre 2017
Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
http://www.fiac.com/fr/

Marie-Elisabeth De La Fresnaye
Après une formation en littérature et histoire de l'art, Marie de la Fresnaye intègre le marché de l'art à Drouot et se lance dans l'événementiel. En parallèle à plusieurs années en entreprise dans le domaine de la communication éditoriale, elle créé son blog pour partager au plus grand nombre sa passion et expertise du monde de l'art contemporain et participe au lancement du magazine Artaïssime.

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