Axolotl, c’est le nom choisi par Caroline Bénichou pour sa maison d’édition. Un projet qui mûrit depuis longtemps, en parallèle de son poste de directrice de la galerie VU’. Cet amphibien assez peu connu du grand public malgré une caractéristique étonnante, celle de pouvoir régénérer n’importe quelle partie de son corps sera désormais l’emblème de ce projet éditorial et artistique photographique. Pour le lancement de son premier ouvrage « Smoke », de Michael Ackerman, en septembre prochain, toutes les planètes se sont parfaitement alignées. L’ouvrage est en appel à souscription à un prix préférentiel, dépêchez-vous, il n’y en aura pas pour tout le monde !
Dans notre entretien, Caroline Bénichou revient sur ses débuts en photographie. C’est lors de ses études en Art Plastique et sciences de l’art à l’Université de la Sorbonne qu’elle découvre à travers des cours pratiques, la photographie. Elle commence à visiter des expositions, et c’est lors à la Maison Européenne de la Photographie que tout se déclenche. Elle découvre les Américains de Robert Frank et entrevoit ce médium avec un nouveau regard et passion. « Cette exposition m’a bouleversée, je ne pensais pas que l’on pouvait faire un tel travail avec de la photographie, pour moi la photographie était un rapport très fort au réel, c’était plutôt des témoignages. Et de découvrir ce langage qui arrivait à retranscrire quelque chose de l’ordre de l’état émotionnel, ça m’a sidéré. Et c’est à partir de là que je me suis vraiment intéressée à la photographie et aux livres de photo« . Après ses études, elle a souhaité se diriger vers l’édition photo, et elle a envoyé son CV à Robert Delpire, l’un des principal éditeur spécialisé de l’époque. Durant un an, elle envoyait sa candidature spontanée aux éditions Delpire. Ses efforts ont payé au bout d’un an et elle a intégré cette prestigieuse maison.
Il y a 10 ans, elle rejoint la Galerie VU’ comme directrice, et dans un rôle transversal entre édition et galerie, elle accompagne les photographes qu’elle représente dans leurs projets d’édition. Elle accompagne également d’autres photographes et l’idée de créer sa propre maison d’édition fait son chemin… Malgré les difficultés financières liées à l’édition photo, un public réduit et des coûts de production importants, elle décide de créer L’Axolotl. Et son premier ouvrage sera « Smoke » de Michael Ackerman. Un nouveau retour aux sources, puisque Michael est le premier photographe avec qui elle a collaboré aux éditions Delpire.
APPEL À SOUSCRIPTION
SMOKE – MICHAEL ACKERMAN
Photographies de Michael Ackerman
Textes de Benjamin Smoke, Jem Cohen et Patti Smith
Format 26 x 20 cm
136 pages – 3 dépliants – livret de 20 pages inclus
Impression en quadrichromie sur papier offset
Reliure suisse – couverture souple à rabats
ISBN : 978-2-9588393-0-7
SORTIE : 15 SEPTEMBRE 2023
prix de vente public : 65 euros
prix souscription : 59 euros
Commande sur : www.laxolotl.fr
E-mail : contact@laxolotl.fr
Cet ouvrage, publié par 700 exemplaires, est une forme d’hommage à Benjamin, chanteur, poète, figure de l’underground américain aujourd’hui disparue, et à Cabbageton, quartier désargenté d’Atlanta. Conçu comme une forme de scrapbook, il mêle photographies de Michael Ackerman, pages de notes de Benjamin ou encore documents d’archives. Il révèle la grâce infinie, l’urgence, la délicatesse comme la frénésie d’un homme et d’une époque oubliés.
« Je me souviens de ma première fois chez Benjamin, ma première fois à Atlanta. C’était tard dans la nuit, après un concert de Smoke. Il traînait avec quelques amis dans sa chambre, parlant, riant, fumant.
Je le connaissais à peine. Je ne comprends toujours pas pourquoi j’avais été invité. Il était brillant, charisma- tique, drôle et tendre. Je me suis assis dans un coin, émerveillé et intimidé, et je suis resté silencieux. J’ai peut- être pris quelques photos, peut-être pas. Vers 4 heures du matin, je me suis endormi par terre dans une autre pièce. Quelques heures plus tard, je me suis réveillé, j’ai regardé dans sa chambre et je l’ai vu endormi, lui aussi par terre, devant son lit. Aujourd’hui, 27 ans plus tard, j’essaie de me souvenir de ce que j’ai ressenti en le voyant étendu là, si fragile. J’ai pris une photo à l’époque, je l’ai pris dans mes bras et je l’ai porté jusqu’à son lit, puis je suis sorti dans la lumière du jour pour découvrir Cabbagetown. »
Michael Ackerman
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