C’est une année particulière pour le festival des Rencontres d’Arles, après une année blanche, on retrouve enfin l’effervescence arlésienne. L’an passé, suite à la crise sanitaire la manifestation n’a pu avoir lieu, une situation exceptionnelle pour le festival. Sam Stourdzé n’a ainsi pas pu faire son édition de départ avant de rejoindre la Villa Médicis… Pour cette nouvelle édition – très attendue – c’est l’ancien directeur artistique de Paris Photo, Christoph Wiesner, qui prend les commandes, et qui promet aux visiteur·ses des retrouvailles hautes en couleur. Cette année à Arles, c’est aussi l’inauguration de la tour de Maja Hoffmann. Cette création architecturale signée Gehry semble vouloir dominer toute la cité…
Christoph Wiesner a établi la programmation de l’édition 2021 à partir des prémices de ce qui avait été prévu pour l’année précédente, “retraçant des prolongements, des variations, des échos, de nouvelles complémentarités ou courts-circuits permettant de saisir aussi une intensité, une urgence à ce que les Rencontres d’Arles prennent le pouls de l’état du monde. Si l’horizon n’est pas encore dégagé, si la lumière sera cet été encore tamisée, il faut rendre perceptibles les éclats démultipliés saisis par les photographes et artistes invités . »

MASCULINITÉ – Sans titre, 1985 © Rotimi Fani-Kayode
C’est toute la ville d’Arles qui est investie pour offrir aux visiteur·ses une grande diversité de programmation. Les lieux historiques et patrimoniaux du centre-ville, l’atelier de la Mécanique au parc des Ateliers, le Monoprix et Croisière, et plusieurs jardins de la ville accueilleront la trentaine d’expositions de ce cru 2021, sans compter tous les programmes associés. Les expositions principales sont découpées par thématique, il est question d’aborder à travers de nombreux univers Les Identités/Fluidités, qui rassemble une exploration des masculinités, on y retrouve également les travaux de SMITH, Clarisse Hahn ou encore Sébastien Lifshitz…

Pieter Hugo, Alexandra, Londres, 2020, série Solus. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.
Avec la séquence Atlas, les expositions se tournent vers des horizons lointains. Comme une véritable invitation au voyage, vous êtes convié·es à fouler les terres d’Afrique du Sud, du Soudan, du Chili et celles du monde entier… Des portraits de Pieter Hugo à la propagande coréenne de Stéphan Gladieu, en passant par les terribles études de cas de la pauvreté mondiale exposées par le duo d’artistes Chow & Lin…
Quatre expositions nous offrent des relectures d’œuvres mythiques, comme la militante Charlotte Perriand, un hommage à Sabine Weiss, qui a reçu le Prix Women In Motion décerné par les Rencontres d’Arles l’an passé, et qui représente l’une des dernières photographes humanistes toujours en activité. On reviendra dans les archives du précurseur Jazz Magazine, et dans celles du très célèbre Orient Express…

Compagnie Internationale des Wagons-Lits à Bruxelles, 1900
Les Rencontres d’Arles, c’est également l’occasion de mettre à l’honneur la scène émergente avec le Prix Découverte qui présente cette année 11 jeunes talents curatés par Sonia Voss. Le prix sera décerné lors de cette semaine d’ouverture et récompensera un photographe avec une dotation de 15 000 euros. Le public pourra également choisir son ou sa lauréat·e qui se verra remettre 5 000 euros, en acquisition d’œuvres.
Retrouvez l’ensemble du programme :
https://www.rencontres-arles.com/fr/expositions/
INFORMATIONS PRATIQUES
Photo de couverture : © SMITH