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Partager Partager Actu Art ContemporainOtherSide Anita Molinero et Valère Novarina font danser la matière à l’Abbaye Ste Croix des Sables d’Olonne Marie-Elisabeth De La Fresnaye13 février 2017 Fondé en 1963 aux Sables d’Olonne le musée de l’Abbaye Ste Croix n’a eu de cesse de favoriser la diffusion de l’art moderne et contemporain. Situé dans un site patrimonial du XVIIè il dispose de 2500m², a organisé quelques 200 expositions et publié une centaine de Cahiers de l’Abbaye. Outre deux fonds exceptionnels Gaston Chaissac (Vendéen d’origine) et Victor Brauner (vacancier l’été aux Sables) une riche collection d’œuvres et un important Cabinet d’arts graphiques, le musée invite des artistes de stature internationale ou plus émergents. Enfin, sa proximité avec le bord de mer ajoute à son originalité et l’attachement des artistes et dans leur réponse au lieu. Pour l’heure c’est la plasticienne Anita Molinero (née en 1953 à Floirac, diplômée des Beaux Arts de Marseille) qui nous livre de nouvelles expérimentations sous le titre « Des ongles noirs sous le vernis ». Un titre à double détente comme si sous la crasse et la trivialité se cachait une possible métamorphose et anoblissement de la matière. Celle qui aime la démesure tout en choisissant des matériaux ordinaires (poubelles mais aussi fauteuils roulants, table d’accouchement récemment) qui penchent plus du côté de Rodin (son bronze inachevé posé sur une tulle de jeune danseuse) que de Duchamp et son ready-made dont la relecture infinie tient du fétichisme. Ce qui l’anime c’est la beauté et toxicité des polysthyrenes brûlés, des phares de voitures fondus et leur possible dangerosité. Entre spleen urbain et irréversibilité du geste, elle se lance un nouveau défi aux Sables d’Olonne revisitant certaines pièces conçues pour le Grand Café de St Nazaire (les filets) et en imagine de nouvelles pour cette imposante charpente de marine sous les combles, un lieu fort et porteur comme le décrit Gaëlle Rageot Deshayes, conservatrice du Musée de l’Abbaye. L’irremplaçable explosion de Smoby, des toboggans rapprochés à des pots d’échappement (Galerie Edouard Manet, Gennevilliers 2011), pneu de tracteur, chaîne soudée fer à béton, il est question d’une confrontation violente, loin de toute esthétisation, d’une domination jubilatoire où les couleurs et les volumes explosent. Comme dans un monde post apocalyptique gangréné par la pollution, menaçant et séduisant à la fois. En dialogue avec Valère Novarina (né en 1947 à Genève) avec qui elle partage une approche intuitive et la prolifération de la matière et du geste, dans une quête obsessionnelle qui tourne ici autour de la peinture. Homme de théâtre (le Drame de la Vie, son chef d’oeuvre) Valère transpose sa plume fiévreuse sur la toile lors d’actions-performances, autour d’une « fontaine » de personnages et de noms, pris dans une course folle. Artiste inclassable, parfois tenté par l’art brut (il entretient avec Jean Dubuffet une longue correspondance) il reste surtout radicalement intransigeant. L’exposer aux côtés des collections Gaston Chaissac avait donc tout son sens. EXPOSITIONS • Anita Molinero. Des ongles noirs sous le vernis Du 5 février au 24 septembre 2017 • Valère Novarina. Disparaître sous toutes les formes Exposition proposée avec la complicité du Grand R – Scène nationale de La Roche-sur-Yon. Du 5 février au 28 mai 2017 Le Musée de l’Abbaye Sainte-Croix Rue de Verdun 85100 Les Sables d’Olonne Tél : 02 51 32 01 16 musee@lessablesdolonne.fr http://www.lemasc.fr/exposition-sables-olonne Marque-page0
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